OBJECTIF

 Ce blog s'inscrit dans le cadre du programme Career Ready Box, né de la collaboration de Microsoft et de l'INSEEC (Institut des Hautes Études Économiques et Commerciales). Ce programme vise à offrir aux étudiants de 3° cycle de l'INSEEC une insertion professionnelle rapide et efficace : articles, stages, compte rendus de colloques, de salons, d'entretiens, missions d'entreprise, mémoire, et actions professionnelles sont autant de moyens dont dispose l'étudiant pour parvenir à l'élaboration d'un projet professionnel précis, gage de réussite. L'objectif principal de l'INSEEC est de rendre ses étudiants opérationnels en entreprise, dès la fin de leur cursus.
                                                          
  Ce blog est donc le reflet de mon parcours personnel, de mon évolution vers les métiers de la culture, auxquels je me destine. Vous y découvrirez mes différentes expériences, mes missions professionnelles, mes démarches personnelles, mes études, mes rencontres...

Bienvenue et bonne lecture ! 
Vendredi 2 mai 2008
Cette fiche métier a été élaborée grâce au témoignage de Madame Martine CARTAUX, attachée de presse aux éditions Thélès, Mare & Martin, et pour le journal l'Officiel des Galeries et Musées, que je tiens à remercier pour son accueil chaleureux et ses précieux conseils.


Le métier d'attaché de presse relève principalement de la communication. Martine CARTAUX, forte d'une expérience importante dans divers domaines (communication autour de festivals, de musées, dans l'évènementiel...) nous a fait partager sa vision du métier.

Fonction au sein de l'entreprise :

Le rôle majeur de l'attaché de presse est de participer, voire d'élaborer, la politique de communication d'une entreprise. Il est responsable de l'image de l'entreprise et il est chargé de diffuser cette image auprès des différents médias.

Tâches précises et méthode :

Constitution d’un fichier de presse : faire une fiche sur le produit (livre) ; recenser, adapter (au sujet, à l’auteur), et cibler les organismes à contacter : journaux (régionaux, nationaux, magazines spécialisés...), radios, chaînes de télévision, salons, évènements, sites Internet, universités, associations ; organiser des signatures, des participations à des débats...

Rédaction du communiqué de presse : une page comportant un visuel (la couverture du livre), la fiche technique du produit (livre : références, auteur, éditeur, ISBN, imprimeur...), un résumé  sur le produit (résumé de l’oeuvre ) et un paragraphe sur l’auteur (ou concepteur d'un produit). 

 Téléphone et courriers (courriels et papier) : il faut suivre le fichier de presse établi (personnes à contacter). Un envoi = un ouvrage + un communiqué de presse. (La plupart des journalistes ne lisant pas les livres, il est donc important de joindre le communiqué de presse)

 Relances :  vérifier si les médias visés réagissent, rappeler afin de communiquer sur le produit ;  éviter le « forcing ».

Moyens de contrôle : parfois les journalistes envoient une copie de l’article qu'ils publient ; il existe aussi des organismes de surveillance (veille internet), comme L’Argus de la presse par exemple, qui recensent tous les articles où le nom de l’éditeur est mentionné.

Revue de presse : rédiger un compte rendu ; recenser tous les articles critiques (souvent mis sur le site Internet).

 Les déplacements : déplacement sur les salons, évènements, cocktails, signatures organisées. 

Qualités et formation nécessaires :

Les études en écoles de communication, ou en écoles spécialisées dans la formation des attachés de presse correspondent à la voie naturelle qui mène au métier d'attaché de presse.
Cependant, il demeure très important de bien connaître le domaine dans le quel on souhaite travailler ; ainsi Martine CARTAUX connaît particulièrement bien le milieu du livre, et la chaîne éditoriale. 
Une formation "terrain" reste cependant nécessaire. L'idéal étant de travailler auprès d'un attaché de presse d'expérience et ouvert, de manière à faire partager son approche du métier, ses méthodes, voire ses contacts. En effet, le "carnet d'adresses" est l'outil majeur de l'attaché de presse.

Afin de débuter dans ce métier, il est préférable d'effectuer quelques stages, comme souvent sur le marché du travail français.  Deux options sont à explorer : travailler dans une grande structure permet de se créer ce fameux carnet d'adresse, ce réseau primordial ; les petites structures, quant à elles, permettent souvent un meilleur apprentissage du métier, de par la vision globale qu'elles offrent de son travail et leurs besoins de personnel (plus de responsabilités données au stagiaire, emplois moins "cloisonnés").

Les qualités de l'attaché de presse sont avant tout d'ordre relationnel, comme c'est le cas dans tous les métiers relatifs à la communication : "il faut aimer le contact", comme nous l'indique Martine CARTAUX. En quelques adjectifs, il faut être : curieux, dynamique, réactif, intuitif même, et patient, voire diplomate dans la relation avec les médias.  

D'autre part, il faut toujours être très bien informé et donc totalement en phase avec l'actualité en générale et avec l'actualité du secteur dans lequel on oeuvre. La culture générale est très importante dans ce métier. Il ne faut jamais perdre de vue l'importance des supports de communication, et donc toujours s'informer sur les nouveaux supports de diffusion. 

Aspects positifs du métier  / marché du travail :

L'aspect relationnel et très diversifié de ce métier en sont les principaux avantages. 
De plus, de telles compétences permettent de travailler dans tous les milieux ou presque, ce qui est un grand avantage sur le marché du travail aujourd'hui.


par Noémie SALAÜN publié dans : Métiers
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Vendredi 2 mai 2008
Noémie SALAÜN                                            n.salaun@inseecparis.com 


MANAGEMENT  DES ACTIVITÉS CULTURELLES ET ARTISTIQUES


Diplômes et formation :

2008 : 
-
 
MBA spécialisé “Management des activités culturelles et artistiques”, INSEEC Paris.
- Master 2 de Recherche en Littérature Française du XX° siècle, Université de La Sorbonne, Paris IV.

2007 :  
Maîtrise de Recherche en Littérature Française du XX° siècle, comprenant un séminaire d’analyse
du roman contemporain, Université de La Sorbonne, Paris IV. Mention. 
Mémoire : Marguerite Duras
et l’Histoire : la Seconde G
uerre Mondiale
, sous la direction de M. Alexandre.
Séminaire d’analyse de film : rapport sur L’ouverture d’Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, sous la direction de M. Moure,
enseignant-chercheur à l’université Panthéon-Sorbonne, Paris I. 

2006 :  
Licence de Lettres Modernes, spécialité Recherche, Université Michel de Montaigne, Bordeaux III.
Rapport sur Le roman d’anticipation politique : société et science fiction, sous la direction de M. Prat,enseignant-chercheur à l’université Michel de Montaigne, Bordeaux III. 
- CLES 2 ANGLAIS (Certificat de Langue de l’Enseignement Supérieur, diplôme européen),
Université 
Bordeaux III. 
- BAFA spécialisé “L’enfant et le cheval” – Coordinatrice d’une journée d’animation “grands jeux”
dans un CVL, suite à la formation.

2
003 :  
Baccalauréat Littéraire, Lycée Val de Garonne, Marmande. Mention.
- Galop 7 d’équitation.

Langues : Anglais (CLES 2), Espagnol (niveau universitaire), bases en Ancien Français, Latin,
Occitan et Ancien Occitan.

Bureautique : maîtrise du pack office, d'Internet, de Photoshop, Illustrator et In Design ; Mac et PC.


Expériences professionnelles :

2008 :
- MAIRIE DE MEUDON (92) - Mission à la Direction des Affaires Culturelles. (3 mois)

- ASSOCIATION MACAsso, organisation du festival "Nos Yeux Grands ou Verts" d'octobre 2008 ;
responsable communication et rédaction, suivi du projet dans son ensemble : élaboration du plan de 
communication et de ses différents outils (dossier de presse, communiqués, fichier presse...), rédaction du
dossier 
de partenariat, recherche de partenaires, d'intervenants, vue sur le service juridique, participation au
développement du plan marketing, et du budget.
 (8 mois)
 
- ÉDITIONS THÉLÈS et MARE & MARTIN,  lectrice  Lecture et critique de manuscrits, réunions
décisionnelles avec les éditrices /
 correctrice :
 corrections de manuscrits, suivi de la chaîne éditoriale . (3 mois)

 2005 - 2007 : 
- ACADOMIA et KEEPSCHOOL, instituts de cours particuliers. Enseignante. Conception de cours et
évaluations / Préparation aux épreuves de français et d’anglais du Baccalauréat général, du BEPC et du
concours d’entrée en lycée militaire / Cours de méthodologie et soutien.
   (2 ans)

CENTRE DE LOISIRS DE PESSAC – ROMAINVILLE (33). Animatrice (bénévole en Avril, puis
stagiaire et titulaire en Juillet).
 Organisation d’activités équestres (voltige, éthologie, randonnée équitation-VTT,
spectacle équestre), de représentations théâtrales, d’une visite du musée d’Aquitaine, création d’un livre de contes... 
(4 mois)

 ASSOCIATION SOCIO-EDUCATIVE DE TALENCE THOUARS (33). Animatrice-enseignante
bénévole
. Soutien scolaire en groupe. (6 mois)


Emplois divers :

2005 :  AGF Bordeaux, Direction Indemnisation. Employé administratif, Back Office. Service VEI
(Véhicules Economiquement Irréparables). Gestion de dossiers / communication clientèle / sondage /
archivage. 
(1 mois).
BANQUE LCL. Agent d’entretien(6 mois)

2001-2004 : équipière chez Mac Donald’s, travailleur agricole dans les champs de fraisiers, animatrice au CVL de Casteljaloux (47), baby-sitting, vendeuse sur marchés, brocantes.


Centres d'intérêt :

Lecture et Ecriture : Littérature du XX° siècle, littérature et violence de l’Histoire, littérature médiévale (Ancien Français). Ecriture de nouvelles dont une dans le cadre d’un concours. 
Audiovisuel : cinéma et violence de l’histoire, documentaires. 
Voyages : Royaume-Uni, Espagne, Italie, Grèce.
Equitation : sport de compétition, galop 7, adhérente d’un club hippique ; participation à l’organisation de concours et autres manifestations équestres. 
par Noémie SALAÜN publié dans : CV
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Vendredi 2 mai 2008

· La lecture

De nos jours, la lecture est devenue une pratique plurielle, et nous pouvons affirmer que son extinction n’est toujours pas à l’ordre du jour, contrairement à ce que certains colportent. En effet, elle se développe et se diversifie, notamment par le biais des nouveaux médias, comme Internet ou le téléphone portable, des journaux, de la télévision, des magazines (dont la France est le premier producteur européen)...

De plus, à ces nouvelles pratiques de la lecture, il faut ajouter toutes celles qui sont difficilement quantifiables dans les sondages, à savoir les lectures à visée utilitaire, les lectures de photocopies, les prêts au sein de réseaux de sociabilité, les lectures en diagonales, fragmentées, par le biais de photocopies... Notons également qu’au début des années 2000, les bibliothèques et les médiathèques constituent les équipements culturels dont la fréquentation a le plus progressé.

L’Etat se fait aussi garant de la pérennité de la lecture et surveille son évolution par différents moyens : l’ONL, Observatoire National de la Lecture, et le CNL, Centre National du Livre, sont des exemples de structures qui oeuvrent en faveur du développement de la lecture en France. Le festival Lire en Fête, ou le Salon du livre sont aussi des manifestations de cet intérêt publique pour la lecture.

Enfin, l’écriture, intimement liée à la lecture, est en plein essor (au moins un français sur dix écrit en amateur), que ce soit par le biais de la publication « papier », sur Internet (blogs...), ou de façon plus personnelle (poèmes, chansons, journaux intimes...).

 · Le livre

Si la lecture est loin de s’éteindre, elle connaît cependant une mutation importante dans notre société : le livre n’est plus son support privilégié.

Nous confirmons ces paroles de Vincent Troger : « Les pratiques de lecture, ou de non-lecture, sont donc désormais envisagées comme l’aboutissement d’itinéraires d’acteurs qui ne sont jamais réductibles aux seuls déterminismes macrosociologiques, qui ne doivent pas être mesurées à l’aune exclusive de la lecture lettrée, et qui sont toujours susceptibles d’évoluer. ». Ainsi, les sociologues de la lecture doivent élargir et détailler leurs études afin de voir se dessiner la mutation que connaît actuellement la lecture. En 2000, Jean-François Hersent était l’un des premiers à préconiser ce regard et cette méthode en sociologie de la lecture.

Ce désintérêt pour le livre, qui caractérise l’actualité de la lecture, était déjà ressenti par Roland Barthes en 1973, ce qui montre qu’il s’inscrit bien dans une mutation, dans une évolution de la lecture au sein de la société contemporaine : « Et c’est bien cela l’inter-texte : l’impossibilité de vivre hors du texte infini – que ce texte soit Proust, ou le journal quotidien, ou l’écran télévisuel : le livre fait sens, le sens fait la vie. » ; ici, il intègre le quotidien et la télévision à l’intertexte, conscient que le livre n’est plus le seul support de lecture (il évoque également la culture de masse à la suite).

Le livre n’est cependant pas en voie d’extinction lui non plus, puisqu’il paraît environ 60 000 livres par an, et que le nombre des parutions annuelles ne cesse d’augmenter depuis 2000. Les distributeurs, y compris nos grandes surfaces, et autres hyper marchés, ne parviennent à exposer que 8 % des livres du marché.

Cependant, le livre connaît lui aussi une mutation : il s’est banalisé, tout comme la lecture, et il semble passer dans la sphère du quotidien, de l’intime. En effet, la publication n’est plus réservée à une élite et les maisons d’édition semblent beaucoup moins sélectives : certaines maisons d’éditions, notamment électroniques, permettent à chacun de mettre ses écrits en ligne et de les voir commentés et corrigés par les internautes, par exemple. Nous assistons ainsi à une diversification des publications, au développement des témoignages, des livres utiles au quotidien...

Ce passage dans la sphère de l’intime rejoint la recherche de la jouissance du texte qu’évoque Roland Barthes : dans une société qui tend à l’hédonisme, le texte aussi devient plaisir et jouissance, or la jouissance est asociale, intime.

« Le texte (...) manifeste la nature asociale du plaisir (seul le loisir est social)... »

Notons enfin, que le lectorat du livre semble se spécialiser autour de profils sociologiques : ce lectorat se resserre souvent autour des rapports professionnels au livre, voire intimes (livres de divertissement et romans sentimentaux parmi les plus lus).  L’essor de la lecture de divertissement (livres de sport, cuisine, jardinage...), traduit également une désacralisation du livre, passant dans la sphère intime et quotidienne.

Enfin, l’avenir de la lecture et du livre n’est donc pas compromis, ils subissent simplement une mutation en s’adaptant à la société contemporaine. Cette évolution s’exprime par une nouvelle considération de la lecture et du livre qui trouvent leur importance dans le quotidien, dans la banalité. Ce constat est aussi applicable à la figure de l’écrivain, comme l’on dit certains, tels que Marguerite Duras, elle aussi témoin de cette évolution, tout comme Roland Barthes :

« Moi je ressemble à tout le monde. (...) Je suis la banalité. Le triomphe de la banalité. »

Or, le but de la littérature n’est-il pas de toucher son lecteur dans son intimité, dans sa banalité ? L’une de ses gageures n’est-elle pas d’amener l’Homme à s’interroger sur son quotidien, sur le monde qui l’entoure, sur sa « banalité » ?

La société a-t-elle pris le pas sur la lecture, le livre, la littérature, en l’intégrant à sa banalité ? Ou est-ce que le livre s’est adapté à cette société pour mieux l’interroger ? À chacun d’observer le monde qui l’entoure, la banalité dans laquelle il vit et d’y voir l’ironie, les critiques, et les interrogations qui surgissent.



 http://onl.inrp.fr/ONL/ : site Internet de l’observatoire et présentation.

 www.centrenationaldulivre.fr : site Internet du centre, présentation (cf. retranscription de février 2007, du Colloque « L’avenir du livre ».). Les interventions du centre représentent un budget de 35 millions d’euros en 2008.

 Souvenirs et mémoire, article « Enquête sur la lecture : un bilan plutôt positif », Vincent TROGER, Sciences Humaines, n°107, Juillet 2000.

 Sociologie de la lecture en France : état des lieux, essai de synthèse à partir des travaux de recherche menés en France, Jean-François HERSENT, Ministère de la culture, Direction du livre et de la lecture, Juin 2000, 115 pages. Il prône l’analyse qualitative, complémentaire de l’étude quantitative, comme élément essentiel de la sociologie de la lecture actuelle.

 Le plaisir du texte, Roland BARTHES, Éditions du Seuil, Paris, 1973, 89 pages, p.51.

 ibid. p.53.

 Ibid. p.25.

 Écrire, Marguerite DURAS, Paris, Gallimard, 1993, 124 pages, p.37.

par Noémie SALAÜN publié dans : Culture
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Jeudi 1 mai 2008

· Une mutation de la langue

L'évolution de la lecture n’est pas sans poser de problèmes. Elle pose certaines limites : elle ébranle la notion de genre, voire de littérature, d’art, et de modernité. Qu’est-ce que l’art ou la littérature aujourd’hui ? Où se place la modernité ?

 

Prenons un exemple : comment faire fonctionner cet imaginaire si précieux dans un monde où le son et l’image dominent ? Que devient le plaisir de lire ?

Dans L’air et les songes, Bachelard développe sa théorie selon laquelle l’imaginaire est « hominisant » et participe au développement de l’esprit. Nombreux sont les chercheurs en psychanalyse qui ont démontré l’importance de l’imaginaire dans le développement de l’enfant et de l’Homme.

Or, dans notre société, l’image et le son dominent, ils constituent le noyau de la communication contemporaine, notamment à travers la télévision et les nouveaux médias.

Roland Barthes rejoind cette idée de l’importance de l’imaginaire dans Le plaisir du texte : « (...) le rêve serait civilisateur ». Il propose un retour au plaisir du texte en 1973, afin de contrer ce détournement du livre. Constatant l’aspect hédoniste de notre société de loisirs, il rappelle l’aspect hédoniste de la lecture, procurant plaisir et jouissance alors que le lecteur même est passif (physiquement).

« Un Français sur deux, paraît-il, ne lit pas ; la moitié de la France est privée – se prive du plaisir du texte. »

Si le cinéma est divertissement, la lecture l’est aussi, mais beaucoup l’oublient : dans les deux cas, le « consommateur » profite d’une jouissance passive, interne. Le suspens narratif (voire linguistique) est comparé à un « strip-tease ».
 

Roland Barthes établit un parallélisme entre ce détournement du plaisir du texte et la mort du Père (développée par Freud dans L’avenir d’une illusion, texte écrit en 1874, alors qu’il n’avait que dix-huit ans) :

« La mort du Père enlèvera à la littérature beaucoup de ses plaisirs ».

N’ayant plus d’origine à chercher, à interroger, l’homme doit se tourner vers la nouveauté pour trouver le plaisir (là encore, Barthes fait écho à Freud : « Freud : « Chez l’adulte, la nouveauté constitue toujours la condition de la jouissance. » »), cette nouveauté passe par une destruction du discours et de la langue.

« (...) le Nouveau – emportement éperdu qui pourra aller jusqu’à la destruction du discours »

Pour Barthes, le plaisir du texte, la jouissance réside dans ce « bord mobile, vide (...) là où s’entrevoit la mort du langage ». Le plaisir du texte réside dans la faille, dans le suspens :

« La culture ni sa destruction ne sont érotiques ; c’est la faille de l’une et de l’autre qui le devient. »

 

Ainsi, face à la mort du Père provoquant l’absence de plaisir dans les textes, l’Homme se tourne vers la nouveauté pour renouer avec le plaisir : la nouveauté passe par une destruction du langage.

Cette destruction du langage est non seulement visible dans la littérature contemporaine qui se joue des mots et des règles de la langue française, mais aussi dans le monde qui nous entoure, dans la banalité du quotidien : les SMS, les mails, cette écriture phonétique qui joue avec les mots. 

Marguerite Duras fait partie des intellectuels qui ont remarqué cette mutation de la langue :

« Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Égarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt. ».

Pour en revenir à la question initiale, l’imaginaire et le plaisir semblent se retrouver dans cette interrogation de la langue, dans la langue elle-même et non dans le récit.

Ainsi, au-delà des limites que pose l’évolution de la lecture et du livre, elle interroge l’évolution d’une société toute entière, dans ses fondements : l’écrit, la langue. À travers la mutation de la lecture et du livre en France, se dessine une mutation de la langue, sujet sur lequel se penchent de nombreux linguistes, notamment face au fossé qui sépare langue orale et langue écrite.

 

· Une mutation de la société

Cette mutation du langage est naturelle et accompagne toute société en mutation. Ainsi, nous comprenons mieux les références faites à l’Humanisme, par les artistes du XXème siècle. Les humanistes ont amorcé cette séparation d’avec la religion (le « Père »,  selon Freud) en laïcisant la réflexion. L’état d’esprit humaniste a bouleversé la société de son temps, l’amenant à créer une nouvelle langue en adéquation avec les idées et la culture de l’époque : les intellectuels et les artistes ont « tué » le Latin, symbole des idées de l’ancien temps, lui préférant la langue vulgaire, orale, plus proche de l’Homme et des idées de son temps ; langue qu’ils ont enrichie afin qu’elle « colle » parfaitement à la société nouvelle, avant d’inventer la grammaire et l’orthographe (en France, au XVIIème siècle).

La philosophie cartésienne, les progrès de la science, et l’avènement de la psychanalyse, ont permis à l’Homme de cerner le caractère « abstrait », illusoire au sens où Freud l’entend, de la religion, face à la logique imparable de la science. Cependant, au début du XXème siècle, si l’Homme a pris conscience de cela, il n’est pas encore prêt à assumer seul la Culture ; la religion reste un pilier de la société, nécessaire pour le rassurer.

La seconde guerre mondiale met l’Homme au pied du mur : ni la religion, ni l’art, ni la culture, n’ont pu empêcher la barbarie. Avant la culture, c’est la religion qui a failli : elle n’a pas éduqué l’Homme correctement, ses enseignements moraux, notamment de paix et d’amour, n’ont pas suffi. Le « Père » de Freud est définitivement mort ; nous parachevons l’oeuvre des humanistes.

Nous sommes maintenant bien obligés d’assumer la Culture. Notre société semble connaître une nouvelle renaissance, l’Homme doit se défaire des préceptes de l’ancien temps pour entrer dans une société nouvelle : tout comme à la Renaissance, ce détachement passe par une « destruction » de la langue dite « classique », et par la création d’une nouvelle langue adaptée à une nouvelle réalité culturelle, sociologique et politique.

Ainsi, tout comme les humanistes, nous détruisons la langue « classique », le récit traditionnel, nous lui préférons la langue orale, plus proche de l’Homme et de sa réalité, nous créons de nouveaux mots adaptés à cette société (ne serait-ce que par nécessité technologique, mais pas seulement) : à quand une nouvelle grammaire ? Roland Barthes, en évoquant la nécessité de se pencher sur une grammaire du « Français parlé », évoque la nécessité d’un renouvellement de la grammaire toute entière.



L’air et les songes : essai sur l’imagination du mouvement, Gaston BACHELARD, Paris, J. Corti, 1943, 306 pages.

Le plaisir du texte, Rolan BARTHES, op. cit. p.80.

Ibid. p.63.

Ibid. p.64. Chez Freud, dans l'Avenir d'une Illusion, le Père correspond aux religions qui agissent comme un père sur la société, enseignant valeurs morales et ligne de conduite à suivre. Au début du XX° siècle, avec l'avènement de la psychanalyse, l'Homme prend conscience que la religion, la foi, est abstraite dans son esprit, comparée à la science, très concrète.
L'Homme s'en détache petit à petit, jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale où la société se voit obligée d'assumer seule la Culture, puisque la religion a faillit dans son message de paix et d'amour, et qu'elle est même l'une des premières victimes de la barbarie.

Dans la tragédie grecque, le peuple se délecte d’oeuvres dont il connaît déjà la fin : la mort du père, la recherche des origines, d’une histoire, est source de plaisir ; le suspens, la faille, entre l’action et la mort est source de jouissance. « Aujourd’hui on balance d’un même coup l’OEdipe et le récit : on n’aime plus, on ne craint plus, on ne raconte plus. Comme fiction, l’OEdipe servait au moins à quelque chose : à faire de bons romans, à bien raconter (...). », Roland BARTHES, Ibid. p.64.

Ibid. p.56.

Ibid. p.56.

Ibid. p.13.

Ibid. p.13-14. Barthes définit là un « moyen d’évaluer les oeuvres de la modernité ».

cf. romans de Jean Échenoz ou d’Éric Chevillard.

Écrire, « La mort du jeune aviateur anglais », Marguerite DURAS, Paris, Gallimard, 1993, 124 pages, p.71.

cf. remarque de Barthes, dans Le plaisir du texte, op. cit. p.68 : « (...) je me rappelais ce scandale scientifique : il n’existe aucune grammaire locutive (grammaire de ce qui parle, et non de ce qui s’écrit ; et pour commencer : grammaire du français parlé). ».

La langue orale, le français, dite « vulgaire » à l’époque, est enrichie : les intellectuels créer de nouveaux mots, composés, savants, ou dérivés ; le siècle suivant, ils inventent la grammaire et les règles d’orthographe.

Cf . note 27.

par Noémie SALAÜN publié dans : Culture
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Jeudi 1 mai 2008
Cette fiche métier a été élaborée grâce aux témoignages de Mesdames Donatienne DURAND et Emmanuelle LIONNET, éditrices aux éditions Thélès et Mare & Martin, que je tiens à remercier pour leur accueil, leur disponibilité, et leurs précieux conseils.


Le métier d'éditeur, ou d'éditrice, bénéficie d'un certain prestige au sein de la société française, mais quel est le quotidien de ces professionnels du livre ? En quoi consiste réellement leur fonction ? Et où ce situe-t-elle sur le marché du travail ?

Fonction au sein de l'entreprise :

Le rôle majeur de l'éditeur ou de l'éditrice est d'apporter des projets et du chiffre d'affaire à la maison d'édition. Ce métier nécessite à la fois des compétences littéraires, commerciales, et relationnelles.

Tâches précises :

- Coordination du comité de lecture.
- Sélection de manuscrits.
- Contact avec les auteurs (première personne en contact avec l'auteur).
- Négociation commerciale des contrats.
- Coaching éditorial (en relation étroite avec l'auteur).
- Choix des couvertures de livres.
- Rédaction de la quatrième de couverture.
- Déplacements : accompagnement de l'auteur, signatures, évènements...

Qualités et formation nécessaires :

Des études dans le domaine culturel peuvent donner accès à ce métier, même si les Masters professionnels spécialisés dans cette branche sont souvent prioritaires. Une formation complémentaire, multidisciplinaire, en école de commerce ou de communication par exemple,  est à envisager. En effet, afin d'élargir les perspectives de carrière, il est conseillé de disposer de compétences variées. Le métier d'éditeur est pluridisciplinaire.

Afin de débuter dans ce métier, il est préférable d'effectuer des stages à tous types de postes, afin d'envisager l'ensemble de la chaîne éditoriale, que devra prendre en compte l'éditeur. Le poste d'assistant(e) d'édition est le passage obligé avant de parvenir à celui d'éditeur, éditrice. D'autre part, les stages les plus enrichissant se trouvent souvent dans les petites maisons d'édition, ou pendant les grandes vacances d'été : le manque de personnel engendre un accroissement des responsabilités du stagiaire.

Les qualités de l'éditrice, ou éditeur, sont variées : elles vont du relationnel au commercial, en passant par la rigueur de la critique littéraire. L'éditrice est la première personne à prendre contact avec l'auteur : diplomatie, ouverture d'esprit, et modestie sont de mise. Il faut parfois rappeler à l'auteur les réalités du marché : extrêmement peu de livres sont présentés en librairie (seulement 8% des livres présents sur le marché), et il est très difficile de se faire un nom. La rigueur et la patience sont très importantes dans ce métier où l'on mène plusieurs projets sur tous les fronts à la fois : relation à l'auteur, préparation du livre, gestion du projet, négociation commerciale et juridique (contrats)... Bien que baignant dans le domaine littéraire, l'éditrice ne dois jamais perdre de vue la balance financière.

D'autre part, ce métier demande une grande culture générale et une mobilisation culturelle constante afin d'être à même de traiter de tous les sujets et donc de pouvoir juger n'importe quel livre. L'actualité politique et artistique sont très importantes.

Aspects positifs du métier :

L'aspect culturel, relationnel, et le travail en équipe font partie des avantages de ce travail. La gratification sociale est également à prendre en compte, même si le salaire n'est pas toujours à la hauteur de la réputation du métier (entre 1800 et 2800 euros brut, maximum, sachant qu'il n'y a pas de perspective d'évolution de carrière, à moins d'ouvrir sa propre maison d'édition).

Marché du travail :

Le marché du travail des éditeurs reste relativement précaire : licenciement, fermeture de maisons, enchaînement de CDD, de périodes de chômage... En effet, si les maisons d'éditions fleurissent, elles sont aussi nombreuses à mettre la clé sous la porte au bout de quelques années : il faut environ dix ans pour savoir si une maison d'édition est rentable, deux ans pour connaître la rentabilité d'un livre, et un nouveau roman se vend très rarement au-dessus de 500 exemplaires (ce qui est déjà très bien).
Le marché est dominé par le monopole des grandes maisons d'édition, comme Gallimard, Hachette... Certaines maisons d'édition indépendantes peuvent bénéficier de subventions de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) ou du CNE (Comité National de l'Éditon) sur certains ouvrages uniquement.
Pour se faire une place dans le métier, il ne faut donc pas hésiter à multiplier les formations afin de disposer de compétences variées, à effectuer plusieurs stages, à démarcher les maisons d'éditions, à aller à la rencontre des personnes. Ce métier est avant tout une passion et un engagement qu'il faut montrer. Il faut surtout savoir s'adapter car le marché du livre est en pleine évolution.
par Noémie SALAÜN publié dans : Métiers
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